Mes recommandations concernant les T.C.A
À l’arrivée de l’automne, j’aime rappeler que certains aliments méritent d’être redécouverts, non seulement pour leurs qualités nutritionnelles, mais aussi pour le plaisir qu’ils apportent à table. La châtaigne en est un excellent exemple. Dans cet article auquel j’ai collaboré, j’ai souhaité mettre en lumière ses nombreux atouts, tout en soulignant un aspect qui me tient particulièrement à cœur : la place des féculents dans une alimentation équilibrée et dans la prise en charge des troubles du comportement alimentaire (TCA).
Dans mon accompagnement nutritionnel et comportemental, je constate que les féculents suscitent parfois beaucoup d’appréhension. Les personnes souffrant d’un trouble alimentaire peuvent les associer à une prise de poids ou les considérer comme des aliments à limiter. Cette peur est particulièrement présente dans certaines situations d’anorexie mentale, où les glucides peuvent faire l’objet de restrictions importantes. Pourtant, notre organisme a besoin d’énergie pour fonctionner correctement. La châtaigne, riche en glucides complexes et source de fibres, illustre parfaitement pourquoi il est essentiel de ne pas diaboliser cette famille d’aliments.
Je trouve également intéressant de rappeler que la châtaigne peut remplacer occasionnellement les pâtes, le riz ou les pommes de terre, sans qu’il soit nécessaire de rechercher systématiquement l’aliment le moins calorique. Dans le cadre d’un trouble du comportement alimentaire, cette distinction est fondamentale. L’objectif n’est pas de classer les aliments entre ceux qui seraient autorisés et ceux qui seraient interdits, mais de retrouver une alimentation suffisamment variée, nourrissante et satisfaisante.
Cette réflexion concerne aussi l’hyperphagie boulimique. Lorsqu’une personne traverse des épisodes d’hyperphagie, elle peut être tentée de compenser en supprimant les féculents ou en réduisant fortement ses repas. Or, ces restrictions risquent d’entretenir la faim et de favoriser de nouveaux épisodes de perte de contrôle alimentaire. Dans l’accompagnement de l’hyperphagie, je privilégie donc une approche qui vise à restaurer des repas réguliers, adaptés aux besoins de chacun, plutôt qu’à multiplier les interdits. La châtaigne peut naturellement y trouver sa place, sans constituer à elle seule un traitement de l’hyperphagie.
La dimension gustative me semble tout aussi importante. J’apprécie particulièrement la châtaigne parce qu’elle évoque les repas d’automne, les recettes familiales et les associations gourmandes avec les courges, les légumes rôtis ou les plats traditionnels. Pour une personne concernée par l’anorexie, la boulimie ou l’hyperphagie boulimique, renouer progressivement avec ces expériences alimentaires peut participer à la reconstruction d’une relation plus apaisée avec la nourriture, dans le cadre d’un accompagnement adapté.
Enfin, je tiens à rappeler qu’un aliment ne se résume jamais à ses calories, à ses fibres ou à ses minéraux. Bien sûr, les qualités nutritionnelles de la châtaigne sont intéressantes, tout comme les précautions nécessaires pour ne pas la confondre avec le marron d’Inde, qui est toxique. Mais je souhaite surtout transmettre une idée essentielle : bien manger, ce n’est pas seulement choisir des aliments bénéfiques pour la santé, c’est aussi pouvoir les apprécier sans culpabilité. Face aux troubles du comportement alimentaire, retrouver cette liberté constitue souvent une étape précieuse vers un équilibre durable.
Châtaignes : cet aliment d'automne est bien plus intéressant qu'on ne le pense pour la santé...
En octobre, chaque chemin forestier est peuplé de châtaignes. La prochaine fois que vous en croiserez, pourquoi ne pas en ramasser ? Car ce fruit – à ne pas confondre avec le marron d’Inde qui ne se consomme pas et est toxique – est bien plus intéressant que ce à quoi on pourrait s’attendre…
« La châtaigne est considérée comme un glucide complexe. Elle fait partie des féculents et peut remplacer les pâtes et le riz de manière très intéressante car elle est beaucoup plus riche en fibres mais tout aussi rassasiante », nous explique Caroline Seguin, diététicienne-nutritionniste et comportementaliste. « Pour des châtaignes aseptisées en bocal, on tourne à 145 kilocalories pour cent grammes d’aliment, comme pour les pâtes et le riz, mais au niveau des fibres on obtient 4 grammes contre 1,5 pour les pâtes et le riz », détaille-t-elle.
Cet aliment a en outre l’avantage d’apporter du potassium, bon pour réguler la tension, la contraction musculaire et le fonctionnement du système nerveux et du magnésium. Ce dernier joue contribuent à la solidité des os, un rythme cardiaque sain et une bonne fonction musculaire. Dernier atout et pas des moindres : la châtaigne est sans gluten et offre donc une alternative intéressante aux personnes le tolérant mal et en ayant assez de manger du riz et du quinoa.
Pour intégrer régulièrement les châtaignes dans votre alimentation, Caroline Seguin vous conseille d’en acheter en bocal : « c’est extrêmement simple, elles sont déjà préparées et il faut juste les passer au four ou de les faire revenir à la poêle ».
Si vous préférez les acheter crues et en vrac, vous pourrez soit les griller dans une cheminée « avec une poêle à trou à l’ancienne » ou les cuisiner simplement à la poêle. « Je l’ai déjà fait et cela marche très bien, témoigne la nutritionniste. Il vous suffit de les fendre au niveau de la partie bombée ou sur la pointe supérieure pour que la chaleur ne rentre pas à l’intérieur (cela les ferait sauter) et de mettre une poignée ou deux dans la poêle puis de faire revenir. La coque va noircir un peu et l’intérieur cuire et griller. C’est pas mal du tout ! »
Pour Caroline Seguin, originaire du Sud-Ouest, le repas automnal idéal consiste en une cuisse de canard confite accompagnée d’une poêlée de châtaignes et d’une ou deux côtes de potimarron rôties au four. « C’est de saison et les arômes se marient très bien », s’enthousiasme-t-elle.
L’association châtaigne et courge fonctionnant très bien, pour les végétariens, l’experte recommande « de passer au four une butternut coupée en deux ». « La chair se délitera et vous pouvez la remplir de base de fromage comme de la féta ou de la crème fraîche, le tout mélangé avec de la châtaigne, c’est absolument délicieux. »
Si vous ramassez vos châtaignes dans la forêt, attention à la confusion avec les marrons d’Inde. Chaque année, ce quiproquo revient et donne lieu à des intoxications digestives ponctuées de nausées, de vomissements et de douleurs abdominales, rappelle l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).
Pour rappel, les châtaignes se trouvent dans une capsule appelée bogue. Celle-ci, brune et hérissée de piquants, en contient deux à trois, petites, aplaties et triangulaires. Les marrons d’Inde, quant à eux, reposent à l’unité, plus gros et arrondis, dans une capsule épaisse, verte et pourvue de petits pics espacés et courts.